Des moyens officiels performants pour assurer la sûreté nucléaire

    Bien entendu, les organismes du nucléaire prennent un maximum de mesures pour éviter tout effet de la radioactivité sur l’homme et le milieu environnemental lors d’un démantèlement.

    Il s'agit d'assure la sûreté nucléaire. Ce terme désigne l'ensemble des dispositions prises de la conception au démantèlement d’une installation nucléaire en vue de protéger de la radioactivité l’homme et son environnement et de prévenir les accidents ou actes de malveillance. En France, elle est contrôlée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et sa fillial l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. (IRSN).

 

Des mesures prises dans l'organisation du démantèlement

Rappel : En France, on estime qu’un démantèlement doit durer en moyenne 30 ans.

1. Objectif de démantèlement et bilan radio écologique

   L’objectif d’un démantèlement est de remettre les lieux dans l’état le proche possible de son état initial, avant la mise en place l’activité nucléaire. On parlait avant d’un « retour à l’herbe ». On détermine ainsi avant le commencement du démantèlement l'état final qu'on souhaite atteindre.

Notamment, pour ce qui concerne la radioactivité, les règles de l’ASN ne permettent le déclassement qu’à la condition que le site est retrouvé un état radiologique identique à celui du site avant implantation. Cette valeur de référence de la radioactivité à obtenir est appelée le point zéro.

 

2. Les niveaux de démantèlement

Ainsi, un démantèlement ne nécessite pas juste le retirement du combustible il est préférable que tous les bâtiments soient démolis pour éviter tout risque nucléaire : comme nous l’avons constaté dans la partie I, la radioactivité peut se trouver un peu partout dans l'installation.

AEIALes experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont établi, dans les années 1980, trois niveaux du

démantèlement

à respecter. 

 

a. Niveau I : Mise à l’arrêt définitif et fermeture sous surveillance : l’installation est simplifiée et l’arrêt de l’exploitation rendu irréversible par le retirement des parties facilement démontables. On procède :

-au déchargement du combustible usé

-à l'entreposage de ce combustible en piscine de désactivation

-à la vidange du circuit (on retire les fluides)

 La radioactivité à l’intérieur de l’installation et dans l’environnement ainsi que le bon état de l’installation sont en permanence contrôlés.

 

b. Niveau II : C’est le démantèlement partiel. Il se compose de :

-L' assainissement : C’est une opération où il est entreprit d’éliminer toutes les substances dangereuses présentes dans la centrale : matières radioactives ou chimiques... Cette opération produit des déchets radioactifs ou toxiques. La décontamination vise à concentrer la radioactivité dans un volume de déchet minimal.

-La déconstruction de tous les bâtiments excepté le réacteur et les installations attenantes

-Le confinement du bâtiment réacteur

 

c. Niveau III : Enfin, le démantèlement total

-démantèlement des échangeurs thermiques (générateurs de vapeur)

-démantèlement du bloc réacteur

-destruction du bâtiment réacteur nucléaire

Les bâtiments présentant le plus de radioactivité sont donc démantelés en derniers.

 

    Ces niveaux de l’AIEA ne semblent plus vraiment de nos jours adaptés à la réalité industrielle.

 

3. Un savoir faire spécifique et des technologies

    Découpe d'un générateur de vapeur

    Démanteler une centrale nucléaire demande un savoir faire spécifique dans la mesure où les différentes opérations

d'assainissement, de décontamination, de découpes...ne sont pas aisémment réalisables, surtout dans un milieu radioactif. 

 

    De nos jours, à ce qu’en dit le CEA, il n’existe aucun obstacle technologique à la réalisation d’un démantèlement dans de bonnes conditions de sûreté, bien que l’on cherche toujours à optimiser les techniques. Il faut être prêt à faire face à toute situation imprévue.

 

Le démantèlement a notamment recours à de hautes technologies ; par exemple des blindages amovibles, sas et cellules temporaires, systèmes de ventilation et de filtration mobiles, vêtements spéciaux, scaphandres ventilés, masques...

 

 

     Tout au long de l’assainissement/démantèlement, des mesures radiologiques sont effectuées. Des caméras thermiques telles que les fameuses "gamma cameras" sont utilisées  utilisée pour localiser les points chauds (niveau de radioactivité supérieur à un seuil déterminé) dans les zones inaccessibles et aider à la détermination de l’enchaînement des opérations.

    Différentes techniques de décontamination complexes sont utilisées : des techniques chimiques avec par exemple le recours a des mousses décontaminants réduisant les quantités d'effluents généré, des techniques thermiques: on projette des granulés de glace carbonique à très haute vitesse, des techniques mécaniques ou bien encore des techniques utilisant le laser.

 

 

 La Protection du personnel

    Le démantèlement d'une centrale nucléaire connait une spécificité quant à la protection du personnel en charge : celui-ci doit être protégé en plus de tous les différents risques classiques d’un chantier industriel (risque d’incendie, risques liés à la découpe…) de l’exposition à toute source radioactive. Il peuvent être exposés à une irradiation, une contamination ou même une irradiation interne par inhalation ou ingestion.

 

Sont alors prises différentes mesures de sûreté nucléaire et de radioprotection.

La radioprotection regroupe les mesures prises pour assurer la protection contre les effets néfastes des rayonnements ionisants sur les personnes exposées directement ou indirectement et sur l’environnement.

 

Ces hommes doivent par exemple être éloignés au maximum des sources de rayonnements ou du moins y être exposés le moins longtemps possible afin de limiter les risques de contamination. De plus ils doivent utiliser des vêtements et des accessoires dans le but de se protéger un maximum, et ils suivent des protocoles d’intervention.

 

 

1. Les limites annuelles d’exposition et la méthode ALARA

    Chaque membre du personnel chargé du démantèlement est porteur d’un film dosimétrique qui permet de mesurer la dose absorbée par le travailleur. Bien que ce système ne soit pas fiable à 100%, il se peut que la dose enregistrée ne soit pas tout à fait celle de l’employé, ou qu’il est oublié de la porter, ce système reste sûr et permet d’imposer des limites d’exposition.

La limite d’exposition externe annuelle en France est ainsi de 20 mSv. Néanmoins, toute exposition interne est interdite.

 

De plus, les organismes du nucléaire semblent suivre le concept ALARA énoncé en 1977 par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) :

« aussi bas que raisonnablement possible compte tenu des contraintes économiques et sociales », Cette démarche d’optimisation de la radioprotection vise à minimiser les doses reçues par les opérateurs tout en prenant en compte des contraintes économiques et sociales liées à un chantier d’assainissement et de démantèlement.

 

 

2. Des tenues adaptées imposées

   Les travailleurs portent sur eux en permanence une tenue de base. simple

Précisions : Elles est composée un tee-shirt, une paire de chaussettes. une combinaison, des chaussures de sécurité et parfois, une protection pour les cheveux (« charlotte ») d’un casque, une paire de gants en coton, un appareil de protection des voies respiratoires (« masque à gaz »), à porter en bandoulière.

 

Tenue de base du travailleur du nucléaire

 

    Puis sur le chantier, en fonction de leurs activités, ils endosseront différentes tenues complémentaires visant à les protéger des rayonnement ionisants et à éviter la contamination de la tenue de base. On distingue par exemple : 

  • La sur tenue : évite de contaminer la tenue de baseDeux travailleurs en tenue active
  •  La tenue active (également désignée par « tenue rouge ») utilisée pour les interventions dans les zones présentant un risque non nul de contamination. Elle  comprend en particulier, en plus de la tenue universelle : une tenue tissée, un appareil filtrant, une cagoule, des gants, des surcotes.
  • La tenue vinyle (également désignée par « tenue Emmanuelle »), utilisée lorsqu'il y a des risques de contamination par des liquides. En plus de la tenue active, elle est constituée : une veste vinyle avec cagoule, un pantalon vinyle, des surbottes (éventuellement intégrée au pantalon).

 

                                                                                                                                                                                                        Deux travailleurs en tenue active

  • La tenue étanche ventilée : si la contamination du milieu est très importante, les opérateurs interviennent dans une combinaison gonflable, de manière à rester en surpression par rapport au milieu extérieur contaminant.

 

Techniciens en tenues étanches ventilées

 

     Des techniques précises d'habillage et de déshabillage sont données et doivent être respectées.

 

3. Les zones de travail confinées

    Toute zone à assainir ou à démanteler qui présente des quantité trop importantes de radioactivité est confinée pour empêcher la dispersion de poussières radioactives. Ce confinement ce fait par des parois en vinyle par exemple. Il permet de protéger le personnel travaillant à l’extérieur.

 

Travailleur en confinement statique ventilée

                                                                                            Travailleurs en confinement statique ventilé

 

    On appelle ce type de confinement le confinement statique ventilé. En effet l'espace est clos et ventilé : cela permet de diluer les gaz radioactifs. Cette ventilation s'effectue  de telle façon que le flux d'air ne peut se faire que de l'extérieur vers l'intérieur pour éviter toute sortie de poussière.

    L'entrée et la sortie de ces zones confinée se fait par l’intermédiare de sas à l'intérieur desquels sont entreposés les tenues complémentaires à usage unique que les travailleurs doivent enfiler, puis retirer. A la sortie du dernier sas, un contaminamètre vérifie l'activité de la tenue de base pour s'assurer qu'elle n'a pas été contaminée.

    Les travailleurs doivent suivre le principe de la marche en avant pour éviter tout croisement de flux.

 

    Des systèmes de mesure de la radioactivité  sont omniprésents dans les installations et certains fonctionnent en continu. Des dispositifs de surveillance sont également mis en place pour prévoir et suivre en temps réel les sources de pollution et/ou les doses radiologiques auxquelles peuvent être soumis le personnel.

 

Cliquez ici pour avoir un petit aperçu des didactiels mis en ligne par EDF pour leurs employés sur la radioprotection

 

4. La téléopération

    La téléopération est un outillage semi-automatique permettant aux employés de travailler à une certaine distance des sources de rayonnement.

Elle permet d’intervenir dans des zones radioactives inaccessibles à l’homme, de réduire les doses des opérateurs et de limiter la pénibilité du travail.

 

5. Simulation et Modélisation

    La simulation et la modélisation sont très utilisées lors des chantiers d’assainissement- démantèlement, en particulier pour préparer les interventions et définir les dispositifs de radioprotection nécessaires.

 

6. Le suivi médical

    Les travailleurs du nucléaire ont droit à un suivi médical spécial. Les plus exposés passent des examens médicaux tous les six mois.

 


 

 La Protection des populations et de l’environnement

    Lors d'un démantèlement de centrale nucléaire, une surveillance radiologique est instituée autour de l'installation et sur l'ensemble du territoire de manière à être informé des conséquences des rejets radioactifs et à pouvoir protéger les populations et l'environnement. Ces rejets radioactifs doivent être limités au maximum.


1. Protection des populations

    Il existe une limite annuelle totale d’exposition de la population  (exposition naturelle et artificielle) : elle s'élève à 5 mSv .

    Cependant, il n’existe pas de système pouvant donner des informations précises à propos des doses reçues par les populations :  un tel système serait trop compliqué à mettre en place. En d'autres termes, il est impossible de savoir précisemment si la limite annuelle de dose est dépassée. Mais d’autres études sur l’environnemnt peuvent donner des estimations.

 

2. Protection de l’environnement et des espèces non humaines

Mais la protection de l’environnement reste moins bien prise en compte que celle des hommes : le système international de radioprotection a été conçu en vue d’assurer la protection de l’Homme. On considère que les règles appliquées a cet égard garantissent une protection de l’environnement. Or, il faudrait que des règles indépendantes existent. Pour cela, il faudrait effectuer des recherches encore plus en profondeur sur les impacts des rayonnements ionisants.

 

Dans le cadre de la protection de l'environnement, on peut citer quelques dispositions pour limiter les risques :

- Les effluents liquides (par exemple le sciage du béton générant des boues), en général très peu produits durant un démantèlement, ne doivent pas être rejetés dans l'environnement. Dans le cas d'effluents radioactifs, ils sont récupérés puis déportés dans des réservoirs puis gérés en tant que déchets dans un centre spécialisé. Les effluents liquides non radioactifs, eux, sont collectés, contôlés et traités.

- Les effluents gazeux sont produits notement lors des decoupes. Pour éviter leur propoagation, il est nécessaire de limiter les découpes. Les rejets gazeux seront repris au niveau des chantiers par l’extraction de la ventilation et les aérosols seront filtrés sur des filtres à Très Haute Efficacité. Après contrôle, ils seront rejetés dans l’atmosphère via la cheminée de rejet du site.

- Les émissions de poussières sont surtout produites lors des pahses d'assainissement, de démolition et de réaménagement du site. Il existe plusieurs dispositions mises en place pour limiter les emissions de poussières dans l'environnement : A l’intérieur des bâtiments, les émissions de poussières (radioactives ou non) seront reprises par la ventilation puis filtrées (filtres à Très Haute Efficacité (THE)). Aucune poussière ne sortira des bâtiments grâce au système de ventilation mis en place. Lors de la démolition des bâtiments, en cas d’émission importante de poussières non radioactives, un arrosage des zones de travaux permettra de limiter ce risque.

- Les nuisances sonores, olfactives, visuelles, vibrations ... sont surtout produites lors de travaux de démolition ou de réaménagement du site. Pour éviter ces nuisances, la réalisation des travaux se déroulera en journée dans la mesure du possible, le niveau de bruit ne dépassera pas les valeurs autorisées, les engins et équipements utilisés seront conformes à la réglementation en vigueur.

 

La gestion des déchêts radioactifs

 

      Normalement, lors du démantèlement, toute la radioactivité présente dans la centrale est concentrée dans des déchêts appelés déchets nucléaires ou encore déchets radioactifs.

Définition d'un  « déchet radioactif » : Toute activité industrielle génère des déchets : ce sont des matières pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n’est prévue. Est considéré comme déchet radioactif tout déchet qui contient des radionucléides en concentration supérieure aux valeurs que les autorités compétentes considèrent comme admissibles dans des matériaux propres à une utilisation sans contrôle.

Andra En France, c'est l'établissement public de l'Andra, Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui est chargé de la gestion durable des déchets radioactifs.

 

 

Mode de gestion général d’un déchet nucléaire en France

1. Fillière de Gestion et objectif

   En France, on dispose de modes de gestion précis des déchets radioactifs. Ils s’adaptent à chaque type de déchet suivant la filière de gestion à laquelle il appartient. En effet, selon leurs propriétés radiologiques, les déchets radioactifs ne vont pas être gérés de la même façon. Cependant ces fillières ont toutes un point commun : la gestion des déchêts se fait par la mise en place de barrières de confinement qui isole leur radioactivité de l'Homme et l'environnement.

 

Les différents déchêts

Une filière de gestions se base sur deux paramètres radiologiques :

a. L'activité massique  en Bq/g du déchet. On distingue ainsi : 

- les déchets à haute activité HA : leur activité massique s’élève à plusieurs milliards de Bq/g !

- les déchets à moyenne activité MA. Leur activité massique varie de 100 000 Bq/g à 1 milliard de Bq/g

- les déchets à faible activité FA ; dont l’activité massique varie de 100 Bq/g à 100 000 Bq/g

- les déchets à très faible activité TFA. Leur activité massique n’excède pas les 100 Bq/g. Beaucoup de pays ne les considèrent pas comme des déchets radioactifs.

 

b. La période radioactive du déchet

On distingue ainsi :

-les déchets à vie courte VC : leur période radioactive est inférieure à trente ans. En général, on considère que leur radioactivité atteindra la valeur de la radioactivité naturelle au bout de 300 ans.

-Les déchets à vie longue VL : leur période radioactive est supérieure à trente ans.

(-les déchets à vie très courte VTC : leur période radioactive est inférieure à cent jours. Ces déchets concernent le domaine médical : ils ne nous regardent pas!)

    C’est donc une particularité des déchets radioactifs : au cours du temps, leur dangerosité diminue. C’est un phénomène très important à prendre en compte pour leur gestion.

 

    Au final, les déchets suivront 5 itinéraires différents selon leur filière :

-les déchets hautement radioactifs à vie longue: HA VL

-les déchets moyennement radioactif à vie longue: MA VL

-les déchets faiblement radioactifs à vie longue: FA VL

-les déchets faiblement et moyennement radioactifs à vie courte : FMA VC

-les déchets très faiblement radioactifs : TFA

 

2. Les étapes de la gestion

    La gestion du déchet s’organise en différentes étapes théoriquement définies pour arriver à la mise en stockage. En effet le stockage est la solution définitive de gestion choisie par la France pour ses déchets radioactifs.

Pour certaines fillières de gestion, notamment les fillières des déchets à vie longue, toutes les étapes ne sont pas complètes et les chercheurs sont toujours en études de solutions.

 

Les étapes

a.  Le tri

Il est effectué directement chez le producteur, sur place. Les déchets sont caractérisés et répartis selon la filière de gestion à laquelle ils correspondent. Mais d’autres éléments sont pris en compte : leur état physique ainsi que leurs différentes propriétés physiques et chimiques (en particulier la toxicité).

 

b. Le conditionnement

    L’objectif d’un conditionnement est de mettre le déchet sous une forme physiquement solide et stable pour faciliter sa manipulation et permettre la suite de sa gestion : son transport, son (ses) entreposage(s) et enfin son stockage.

    Il est adapté au déchet et doit se faire dans le respect de normes strictes. Le plus souvent, il est assuré tout comme le tri sur place par le producteur.

Pour réaliser un conditionnement, deux manœuvres successives sont nécessaires :

  •  le traitement du déchet : il est immobilisé, pour les solides par compactage ou blocage dans une matrice , pour les liquides, par enrobage ou incorporation homogène dans une matrice également. Ces matrices dépendent du type de déchet, de ses propriétés.. etc… Une matrice est choisie par sa capacité à résister à la radioactivité dans le temps. Elle peut-être en ciment, en bitume, en verre..
  •  le conditionnement à proprement parlé : le déchet est placé dans un conteneur étanche, en forme cylindrinque ou parallélépipédique. Il comporte une ou plusieurs enveloppes.

Cet ensemble matrice/conteneur constitue ce que l’on appelle un colis. A ce premier stade, il s’agit d’un colis primaire.

 

c. L’entreposage

   Les déchets sont rassemblés dans une installation spécifiquement aménagée à cet effet. À la différence du stockage, cette étape est temporaire : le déchet est placé dans l’intention d’être récupéré à terme d’une période d’entreposage définie.

Remarque : L’entreposage n’est pas une étape « obligatoire » qui suit l’étape « confinement ». Les déchets y sont souvent confrontés, en attente de traitement, confinement, stockage …et même solution de stockage !

 

d. Le stockage              

    C’est l’étape finale de l’itinéraire que suivent les déchets radioactifs. Définitif, un centre de stockage est destiné a accueillir les déchets radioactifs pour en protéger l’homme et l’environnement pendant toute la durée de vie de ces déchets. Pour cela, de multiples barrières de confinement sont mises en place ; aussi bien des barrières issues de l’industrie : les conteneurs et colis primaires .. mais aussi des barrières crées par un deuxième conditionnement effectué à l’arrivée au centre de stockage ; que des barrières naturelles notamment le milieu géologiques où a été installé le centre.

Actuellement, il existe deux centres de stockage de surface : un centre de stockage pour les déchets TFA et un centre de stockage pour les déchets FMA VC.

 

 

Approfondissement dans le cadre d’un démantèlement

    Dans cette partie nous avons suivis le parcours détaillés des différents déchets issus d’un démantèlement nucléaire, et vérifier quelles étaient les mesures mises en place pour limiter  les impacts sur l’homme et son environnement.

     Le démantèlement d'une centrale nucléaire produit tous les types de déchet :

N'hésitez pas à cliquer sur les images des tableau pour les agrandir et voir leurs titres!

 

De nombreux déchets TFA
Provenance

 

Les déchets inertes comme le bêton, les gravâts ou la ferrailles contaminés par contact avec les fluides

Ils représentent la plus grande part du volume de déchets générés par le démantèlement, mais aussi la moins radioactive.


Traitement

Les déchets plastiques et métalliques sont compactés. Les déchets liquides sont solidifiés puis stabilisés.

Déchets TFA compactés

Conditionnement

Leurs enveloppes ne sont souvent pas faite pour un confinement sévère de la radioactivité, mais pour assurer un tranport facile et protéger les travailleurs. Il s'agit souvent de "big-bags".

Big Bags

Stockage

 

Ils sont stockés en surface au centre de stockage TFA de l'Aube à Morvillers depuis 2003.

 

 

 

CSTFA de MorvillersLe centre de stockage de Morvillers : informations 

Centre de 45 hectares,  le stockage s'effectue dans des alvéoles protegées par des toits démontables en forme de tunnel. Une fois remplie une alvéoles est couverte d’une couche de sable fin et imperméable puis d’une couche argileuse de 15 à 25 m avec très peu de circulation d’eau.

Ces précautions sont expliquées dans la partie "centre de stockage profond".

À ce qu'en dit l'Andra, une surveillance active est réalisée sur l'impact radiologique du centre de stockage.

Intérieur d'une alvéole

 

 

 

Déchets F-MA VC
Provenance

Transport du couvercle de la cuve

-Couvercle de la cuve

 

 

 

 

-Petits équipements utilisés par les travailleurs (gants...)

Petits équipements à conditionner 

 

Conditionnement

En général les conteneurs sont métalliques. Ils sont enrobés avec du béton


Stockage

Ils sont stockés dans le centre FMA de l'Aube.

 

 

Déchets FA VL
Provenance Les réacteurs de la fillière UNGG sont notamment à l'origine de ce type de déchets. Ce sont des déchets graphite constitués par le modérateur graphite de l'assemblage combustible de ces réacteurs. L'essentiel des déchets FA VL a ainsi déjà été produit.
Gestion

Seul 20% des déchets graphite ont été à l'heure actuelle retiré des réacteurs. Ils sont entreposés sur le lieu des installation en démantèlement.

 

En effet, ces déchêts sont en attente d'une solution définitive de conditionnement et de stockage.

 

Il existe une solution de réfrence pour le stockage de ces déchets : un centre de stockage de surface dont l'ouverture est prévue en 2019. Ce projet est vu plus en détail dans la troisième partie du TPE.

 

Déchets MA VL
Provenance Ce sont les matériaux de structure de l'assemblage combustibles qui ont été directements soumis à l'irradiation : barres de commandes, crayons...
Traitement et Conditionnement

Les matériaux de structure sont compactés sous forme de galette afin de réduire leur volume.

Les effluents sont bitumés ou vitrifiés.

Ils sont ensuite introduits dans un colis en béton ou acier inoxydable.

Entreposage et stockage

Ces déchets sont actuellement entreposés à sec dans des puits ventilés à la Hague, dans l'attente d'une solution de stockage. Un centre de stockage profond est prévu pour 2025.

 

 

Usine de La Hague Entreposage des déchets HA MA VL à la Hague

 

 

Déchets HA VL
Provenance Le combustible usé
Conditionnement

-Avant d'être conditionné, le combustible est l'objet d'un traitement tout particulier. A sa suite, seules les subtances considérées comme "ultimes " (soit non valorisables) seront traitées comme des déchets.

Ce traitement fait l'objet d'un chapitre postérieure de cette partie.

-Les déchets ultimes sont coulés dans une matrice de verre spécial et très résistant : le R7T7Atelier de vitrification

Déchet HA vitrifié

 

 

 

 

 

 

-Puis ils sont conditionnés dans des conteneurs en acier inoxydables.

Conteneur de déchets vitrifiés


Entreposage

Les déchets HA sont actuellement entreposés dans des puits ventilés sur le site de la Hague. Eux aussi n'ont pas de solution définitive de stockage. Ils partageront le centre de stockage profond avec les déchets MA VL.

 

 

 

 

 

Cas particulier : Le traitement du combustible nucléaire

   Le combustible subit un traitement particulier en France : en effet après sa sortie du réacteur, il n’est pas traité dans sa globalité comme un déchet nucléaire : une partie peut être recyclée : on parle de cycle fermé :

 

Voici les étapes du cycle qui nous intéressent :

a. Lirradiation dans le réacteur nucléaire dure 4 à 5 ans.

b. Le retrait et le transport vers la Hague :après cette période, le combustible est retiré du réacteur et envoyé dans l’usine de traitement en France : l’usine de la Hague. La sûreté du transport repose principalement sur l’emballage des matières transportées, conditionnées dans des “châteaux”, enveloppes d’acier de 110 tonnes qui renferment 10 tonnes de matière nucléaire. Ils sont transportés par camions, trains ou bateaux conçus pour cet usage.

c. L'entreposage en piscine de refroidissement (9 m de profondeur) pour faire baisser la radioactivité pendant en moyenne cinq ans. Toutes les opérations doivent être effectuées à distance et en sécurité, par télémanipulation ou robots de conduite.

 

Piscine de refroidissement de la Hague

 

d. Le Retraitement : A la sortie des piscine , l’assemblage combustible est cisaillé, puis les substances irradiées du combustibles sont dissoutes. Les différentes espèces ou éléments chimiques qui le composent sont séparées par extraction. On distingue alors des matières énergétiques toujours valorisable, de déchets ultimes, non valorisables.

 

  • Les matières sont les actinides majeurs du combustible, soit les 95% d’uranium résiduel, de l’uranium appauvri en isotope 235, et 1% de plutonium. Ils sont entreposés en vue d’une réutilisation future. En effet sur 500 kg de combustible initial, 480 kg va pouvoir être recyclé.

Mais ces matières seront recyclées en quoi ? En tant que nouveau combustible.

L’uranium appauvri peut être ré enrichi pour constituer à nouveau du combustible UOX. Le plutonium mélangé à l’uranium peut permettre ma création d’un nouveau combustible : le combustible MOX, produit en France dans l’usine Melox. Du fait de la haute radio toxicité de ce radioélémenst, cette activité detri et de recyclage doit être très surveillée.

 

  • Les déchêts ultimes sont les actinides mineurs et les produits de fission. Ils représentent un peu plus de 4% du corps combustibles.

Ils  vont constituer les déchet MA et HA VL. Deux tiers disparaissent par décroissance radioactive en quelques années.

 

 

     Dans le cycle ouvert, le combustible est traité dans son intégralité après le séjour en piscine comme un déchet ultime.

  Les avantages du cycle fermé sont qu'il permet de produire moins de déchets  et donc moins de dégagements de chaleur  ce qui est un avantage pour la réalisation du stockage profond.

Cependant il présente un défault principal : le plutonium recyclé peut servir à la fabrication d'armes nucléaires.

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