Quelques idées personnelles

    Faces aux problèmes posés par le démantèlement nucléaire et en particulier la gestion des déchets radioactifs et les polémiques qu'ils entraînent, nous avons cherché à jouer le jeu en réfléchissant nous même à d'éventuelles idées.

Cependant, nous nous sommes vite aperçu que ces idées avaient déjà été envisagées. Il faut rester modeste dans ce domaine très spécialisé :  ce n'est pas en 1ere S que nous allons trouver une idées révolutionnaires !  Nous vous les présentons ici avec quelques informations à propos de leur faisabilité, des avancées et des perspectives.

 

Envoyer des déchets nucléaires dans l’espace :

   Nous avons songé à envoyer les déchets nucléaires dans l’espace et plus précisemment dans le Soleil, gigantesque boule de feu, siège de réactions nucléaires. C’est une idée qui en réalité a déjà été proposée de nombreuses fois depuis le début de la prise de conscience du problème des déchets radioactifs.

Rapidement il s’est avéré que de nos jours cette solution ne serait pas réalisable. Différents importants problèmes se posent :

a. La quantité de déchets nucléaires à expédier. Il faut savoir qu’en France chaque année, nous produisons environ 340 tonnes de déchets nucléaires. Or la capacité de charge utile de la fusée Ariane V (photo ci-contre) est de 10 tonnes. Ainsi rien que pour expédier les déchets produits chaque année, sans prise en compte des déchets déjà accumulés, il faudrait envisager 34 tirs de la fusée Ariane par an. En 2010  l’Europe a procédé à 7 lancements de cette fusée. Le lancement d'une fusée n'est pas aisé :  il ne peut se faire que dans de bonnes conditions climatiques et le tir nécessite des jours de préparation.

 

b. Les risques d’explosion de la fusée au lancement : les informations fournies par l’Andra précisent qu’une fusée sur cent s’écrase au décollage. Un tel incident entraînerait une dissémination des radionucléides dans l’atmosphère, situation beaucoup trop risquée pour être envisagée. 

Il faut reconnaître que le modèle de l’Ariane V semble être fiable : depuis 2005 le lanceur a effectué 40 lancements sans connaitre de défaillance. Cependant, si on considère le risque donné par l’Andra et qu’on admet qu’il restera tel sur plusieurs années, au bout de 3 ans, il y aura déjà eut 1,02 accident soit environ 1, au bout de 6 ans 2 etc.. cette fréquence est trop importante.

 


 

 

 

Temps (en heures) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Nombre d'accidents accumulés au décollage 0.34 0.68 1.02 1.36 1.7 2.04 2.38 2.72 3.06 3.4 3.74 4.08 4.42 4.76 5.1

Courbe représentative du nombre d'accidents accumulés au décollage en fonction du temps

 

c. Le prix : le prix d’une entreprise telle s’élèverait à 15 millions d’euros pour une tonne de déchets envoyés dans l’espace. Cela correspond à 150 millions d’euros par fusée, et donc à  150 000 000x34 = 5,1 milliards d’euros par an pour assurer le lancement de toutes les fusées !

Le coût de l'enfouissement est aujourd'hui 100 fois inférieur à celui d'un tir de l'Ariane V !

 

d. La pollution :  il ne faut pas oublier qu’ une fusée est responsable elle aussi de pollution susceptible d’avoir des impacts sur l’Homme et l’environnement.

 

Ce projet n'est tout de même pas complètement rayé de la liste : il sera peut-être réalisable dans le futur.

 


 

 

Jeter des déchets nucléaires dans des volcans :

Une autre idée serait de jeter nos déchets nucléaires dans des volcans actifs.

Un volcan est une cheminée qui sert d’échappatoire au magma terrestre situé sous nos plaques tectoniques et qui permet à de la lave en pression et en fusion de remonter à l’air libre. En effet, la lave est une roche en fusion (moins de 1200°C), plus ou moins fluide, émise par un volcan lors d’une éruption. On vient de l'écrire, la lave est issue du magma, réserve de roches en fusion située dans l’épaisseur des couches rocheuses solides de la planète. La densité de la lave est inférieure à 2.

Sur la planète, une bonne centaine de volcans sont en activité permanente (schéma d'un volcan ci-contre).

Particularité : on nous en montre fréquemment à la télévision qui, souvent, ont un cratère de la taille d’un lac avec de la lave bouillonnante, laissant supposer dessous une cheminée en forme d’un large entonnoir en prise directe avec le magma.    

Or, l’uranium fond à 1130°C, bout à 3800°C et a une densité de près de 19. Ses isotopes ont à peu près les mêmes caractéristiques. Le courant de lave emporterait alors les déchets nucléaires loin de la surface, à de très grandes profondeurs peut-être 500, 1000 ou 2000 mètres. Les températures et pressions y sont extrêmes. Ce serait un peu comme si les déchets étaient placé dans un gigantesque incinérateur naturel.

     Cette idée est soutenue par quelques figures importantes telles que Philippe Jean Coulomb, doyen de l'Université d'Avignon et vice président de la Commission Consultative Internationale du Principe de Précaution.  Mais est-elle réellement réalisable ? Laisser les déchets radioactifs dans les volcans signifierait laisser leurs déplacements au hasard ... Et puis il faudrait que certains pays acceptent que d'autres ne possédant pas de volcans actifs cèdent dans leurs volcans de grandes quantités de déchets. Un compromis pas gagné. Enfin il y a surtout l'inquiétude de la population... Placer des déchets radioactifs dans un milieu magmatique peut faire frémir et on le comprend : le coeur de la Terre est-il une poubelle ? Des réactions ne vont-elles pas se produire ? Et puis, la radioactivité disparaitra-t-elle ? Très peu probable...


 

La biosphère : un moyen de dépollution ?

  Ayant effectué des recherches sur la radioactivité et l’environnement, une idée est venue d’utiliser pourquoi pas quelques êtres de la biosphère capables de capter et d’intégrer la radioactivité pour améliorer la gestion des déchets nucléaires ou celle des rejets radioactifs de centrales en démantèlement comme celle de Brennilis.

Nous avons approfondi la question : elle est déjà là aussi mise à l’étude par les scientifiques : c’est la biodépollution.

 

Des extrémophiles les Bactéries

    Moins un organisme est développé, plus il est résistant à la radioactivité. Les bactéries que nous trouvons partout sur Terre et en population extrèmement nombreuse sont ainsi bien plus résistantes que les mammifères. Parmi elles, certaines présentent des capacités impressionnantes à résister à des conditions de vie très rudes et notamment en milieu radioactif : il s'agit d'extrémophiles.

Par exemple, Deinooccus est une des bactéries les plus résistantes décelées jusqu’à aujourd’hui.  Selon les scientifiques, lLe germe survit facilement à une irradiation de 5 000 grays sans présenter de signes de mutations dangereuses. Quelques spécimens de cette bactérie ont même résisté à 15 000 grays. Rappelons nous que l’Homme ne peut survivre sans traitement qu’à des doses s’échelonnant entre 3 et 5 grays. C’est que ces bactéries possèdent des mécanismes de réparation de l’ADN très importants capables de recomposer sans mutations : elle supporte une centaine de cassures du double brin par chromosome sans effet mutagène.

Il existe bien entendu d’autres bactéries résistantes , et certainement au moins quelques unes que nous n’avons pas découvertes.

L'intérêt de la resistance de ces bactéries serait de les envoyer en zones hautement radioactivse de façon à procéder à leur décontamination par bio-accumulation des radioéléments dans les micro-organismes.  Mais seront-elles capables de fixer les radionucléides ? Apparemment certaines le peuvent.  Tout se voit dans la nature ...

 

Cependant la bio-accumulation ne résoud pas tout :  le polluant pénètre et s'accumule le plus souvent de façon passive dans le micro-organisme.

La modification des radionucléides par ces organismes vivants pour les transformer en éléments moins nocifs semble par contre moins réaliste. Il est intéressant tout de remarquer qu’il a été démontré qu’un bactérie : le clostridium était capable de changer la valence de différents radionucléides, c’est à dire le nombre de liaisons chimiques qu’il est capable de former avec différents atomes. Elle serait capable de réduire l’U(VI) en U(IV), le Plutonium Pu(IV) en Pu(III), et le Technétium Tc(VI) en Tc(IV).

Alors oui, ces modifications concernent les "liaisons chimiques" et pas le noyau à proprement parlé : mais il n'empêche que des bactéries seraient donc capables d’avoir un impact sur les radioéléments.

 

    Pour aller plus loin, une autre idée serait de recourir à la génie génétique pour créer des OGM capables pourquoi pas de métaboliser et de transformer les radionucléides. Ces idées sont déjà mises à l’étude par exemple avec le travail sur Super-Conan, microbe génétiquement modifié capable de supporter des produits chimiques redoutables ainsi que de hautes doses de radiations.

 

Des végétaux et des champignons qui absorbent la radioactivité

 

Champignons

Ce phénomène nous l’avons déjà constaté dans l’évaluation des impacts de la radioactivité sur l’environnement. Alors pourquoi pas l’utiliser lui aussi dans la dépollution des sols ? Ce sont les champignons qui seraient particulièrement intéressants à cause de leur grande aptitude à capter certains radionucléides du sol : nous avions vu par exemple qu’en cas de contamination du sol par le césium, certains champigons peuvent en prélever 30%.

Mais là encore, même si faire pousser des champignons en zone radioactive pourrait décontaminer les sols : la solution n’est pas complète : le champignon ne fait que capter la radioactivité : il ne la détruit pas. Existe-t-il des espèces de champignons inconnues qui en sont capables ? Peu probable. Peut-on réaliser là encore des OGM ? Et puis du moins, qu’allons nous faire des champignons ainsi contaminés ?

 

 

    La bio-dépollution est ainsi un sujet d’étude interessant qui pourrait améliorer notre comportement face aux rejets et aux déchets radioactifs et pourquoi pas dans une perspective future jouer un rôle de plus en plus important.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site